Je viens de parler à un comptable à Genève. Il m'a raconté une histoire tellement étrange, et de tellement essentiel en 2026 que je tiens à vous le partager.
Il se promenait à Genève-Plage le week-end dernier. En marchant le long de l'eau, il a vu une lampe en cuivre dans le sable. Le genre qu'on voit dans les contes. Il l'a ramassée et l'a frottée, juste pour voir.
Je vous épargne mes premières questions. Mais oui, un génie en est sorti.
Et ce génie était différent.
"Pas trois voeux, lui a dit le génie. Des réponses. Autant que tu veux. Pose-moi n'importe quelle question, je te donne la réponse."
Marc, le comptable, a testé. "Comment devenir riche ?"
Le génie a soupiré. "Travaille dur. Économise. Investis. C'est tout."
"C'est tout ? Tout le monde dit ça."
"Tu m'as posé une question vague. Je te donne une réponse vague. Je ne suis pas un oracle, mais j’ai réponse à tout. Tu veux mieux ? Demande mieux."
Marc a compris (enfin c’est ce qu’il pensait). Il a reformulé.
"J'ai 38 ans, comptable indépendant à Genève, deux enfants, je gagne 110 000 CHF par an, j'ai 50 000 d'épargne. Comment je double mes revenus en cinq ans, sans changer de métier ?"
Le génie a souri. Il lui a donné un plan. Précis. Méthodique. Quels clients cibler, quelles missions privilégier, comment construire sa marque, quelle commune choisir pour sa fiscalité, quels logiciels apprendre.
Marc a tout suivi. À la lettre.
Cinq ans plus tard, il gagnait 220 000 par an.
Il est revenu voir le génie. Il tenait la lampe, le visage triste. Il l'a frottée doucement. Le génie est sorti et l'a reconnu.
"Marc. Tu as réussi, non ? Tu m'as cru. Tu as fait ce que je t'ai dit."
Marc a pris une grande inspiration.
"Je gagne 220 000 CHF par an maintenant."
"Donc ça a marché."
"Ça a marché."
Silence.
"Mais ?"
Marc a regardé le sol.
"Ma femme est partie il y a quatorze mois. Mes enfants ne me parlent plus. Je n'ai pas pris de vacances en trois ans. Je dors quatre heures par nuit. Hier matin, en me rasant, je ne me suis pas reconnu dans le miroir."
Le génie l'a regardé. Calmement.
"Et tu viens me demander pourquoi."
"Oui."
Le génie a souri légèrement. Pas méchamment. Tristement.
"Tu m'as demandé comment doubler tes revenus en cinq ans, sans changer de métier. Je t'ai dit comment, exactement. Tu ne m'as jamais demandé si c'était ce que tu devais demander."
Silence.
"Je te répète ma règle. J’ai la réponse à tout, mais je ne suis pas un conseiller. Je donne ce qu'on me demande, avec la précision qu'on me donne. Toi, tu m'as donné des précisions, sur la mauvaise question."
Marc est resté longtemps sans rien dire.
Au bout de quelques minutes, il a lâché. "Alors comment je sais quelles questions poser ?"
Le génie a fait non de la tête.
"Cette question-là, je ne peux pas y répondre. Pas parce que je ne sais pas. Parce que la réponse n'existe qu'en toi."
Cette histoire, c'est exactement ce qui se passe entre vous et l'IA en 2026.
Marc avait commencé à comprendre quelque chose en posant sa deuxième question. Il avait senti qu'en donnant plus de précision, plus de contexte, plus de chiffres, il obtiendrait une meilleure réponse.
Mais ce que Marc n'a pas totalement réalisé, c'est que cette première subtilité n'a pas de fond. Vous pouvez creuser indéfiniment, vous trouverez toujours une couche de contexte qui change la réponse.
Mais vous trouverez pas forcément ce que vous voulez vraiment.
Parce qu'obtenir une bonne réponse et obtenir ce qu'on veut, ce sont deux choses différentes. Et ce qui sépare les deux est plus dur, plus rare, et personne ne l'enseigne.
Ces deux subtilités, ensemble, sont ce qui devient le vrai atout en 2026. Pas mieux prompter, mais quelque chose d'autre, qui se joue avant la question.
Ce que vous venez de lire est un extrait du rapport Ergon de dimanche prochain, dans le numéro complet nous verrons exactement :
la grille des cinq couches du contexte que tout dirigeant et professionnel devrait connaître, et pourquoi 90 % des prompts en entreprise s'arrêtent à la couche 1 alors que la valeur est dans les couches 4 et 5,
le test en trois étapes pour repérer une mauvaise question avant de la poser à l’IA, et l'erreur que font les dirigeants brillants précisément parce qu'ils sont brillants,
pourquoi "écrire un meilleur prompt" est exactement le piège, et le retournement contre-intuitif qui change tout (un mot dans votre prompt suffit à le déclencher),
l'artefact fournis avec ce numéro : un outil rapide à appliquer à n'importe quelle question avant de la poser à votre IA, qui vous dit si vous êtes en train de faire l'erreur de Marc.
Pour rejoindre The Ergon Report avant dimanche c'est ici.
À Dimanche,
Salim
P.S. En vous abonnant maintenant, vous accédez aussi à ErgonOS en pré-vente. C'est la plateforme IA que je lance ce mois-ci. Vous y entrez vos tâches, votre métier, votre entreprise, et l'IA Ergon (entraînée sur tous les rapports) vous dit où l'IA peut vous faire gagner du temps, et où elle ne le peut pas. Vous pouvez aussi lui poser toutes vos questions stratégiques pour décider juste sur les dix-huit prochains mois. L'offre de pré-vente est réservée aux abonnés inscrits avant la sortie publique d'ErgonOS.






